Une étude de Harvard, publiée en janvier 2026, a suivi 111 000 personnes pendant plus de 30 ans. Conclusion : ce n'est pas seulement la quantité d'activité physique qui compte. C'est aussi sa variété. Les personnes qui pratiquent le plus d'activités différentes ont 19 % moins de risque de mourir prématurément, peu importe le temps total qu'elles y consacrent.
Ce n'est pas combien tu bouges. C'est comment.
On entend depuis des années qu'il faut « faire 30 minutes d'exercice par jour ». L'idée est juste, mais elle est incomplète. Une étude américaine vient d'ajouter une dimension qui change la donne : la variété.
Des chercheurs de l'École de santé publique de Harvard ont analysé les habitudes de 111 467 adultes (70 725 femmes et 40 742 hommes), suivies pendant plus de trois décennies. Tous étaient en bonne santé au départ : pas de cancer, pas de diabète, pas de maladie cardiovasculaire ou respiratoire connue. Tous les deux ans, on leur demandait quelles activités physiques ils pratiquaient et combien de temps.
Au total, plus de 2,4 millions d'années cumulées de suivi, et 38 847 décès enregistrés. Un échantillon massif qui permet de tirer des conclusions solides.
Le résultat principal
Les personnes qui pratiquaient la plus grande variété d'activités avaient 19 % moins de risque de décès prématuré, comparées à celles qui en pratiquaient le moins. Et ce, même quand on tient compte du temps total passé à bouger.
Autrement dit : à quantité d'exercice égale, celui qui marche, fait du vélo, du jardinage et un peu de musculation s'en sort mieux que celui qui ne fait que courir, même s'il court longtemps.
Quelles activités sortent du lot ?
L'étude a comparé les pratiquants les plus assidus aux moins assidus pour chaque type d'activité. Les pourcentages ci-dessous indiquent la réduction du risque de décès chez les plus actifs :
Marche : 17 % de risque en moins (l'effet le plus fort, et l'activité la plus accessible)
Tennis, squash, racquetball : 15 % en moins
Aviron, gymnastique au sol : 14 % en moins
Musculation : 13 % en moins
Course à pied : 13 % en moins
Jogging : 11 % en moins
Monter des escaliers : 10 % en moins
Vélo : 4 % en moins
Une activité étudiée ne montre aucun bénéfice statistiquement clair sur la mortalité totale : la natation. Les chercheurs n'avancent pas d'explication définitive, ils notent simplement que l'effet, s'il existe, est trop faible pour être détecté avec certitude.
Le détail contre-intuitif : un plafond
Le bénéfice de l'activité physique n'augmente pas indéfiniment. Pour la plupart des activités, l'effet protecteur monte rapidement avec les premières heures par semaine, puis se stabilise. Au-delà d'un certain seuil, faire encore plus n'apporte pas grand-chose en plus.
Pour la marche par exemple, l'essentiel du bénéfice apparaît dès les premiers kilomètres réguliers, pas besoin d'être marathonien.
🔍 À retenir
→Bouger, c'est bien. Bouger varié, c'est mieux : 19 % de mortalité en moins chez les plus diversifiés.
→La marche est l'activité la plus puissante (–17 %) et la plus simple à intégrer.
→Au-delà d'un certain seuil, en faire plus n'apporte pas plus de bénéfice, il vaut mieux changer d'activité que doubler la dose.
→L'étude est observationnelle : elle montre une association, pas une preuve définitive de cause à effet.
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✦ Résumé intermédiaire
Han et al. ont publié dans BMJ Medicine (janvier 2026) une étude prospective combinant deux cohortes de référence, la Nurses' Health Study et la Health Professionals Follow-Up Study, sur 111 467 adultes suivis plus de 30 ans. Au-delà de la quantité totale d'activité physique, c'est la diversité des activités pratiquées qui s'avère prédictive d'une mortalité plus faible. Les sujets dans le quintile le plus diversifié présentent un risque de décès toutes causes confondues réduit de 19 %, après ajustement pour le volume total d'activité. La majorité des activités examinées montrent une relation dose-réponse non linéaire, avec un effet plafond.
Deux cohortes, trente ans de suivi
L'étude s'appuie sur deux cohortes prospectives massives, parmi les plus anciennes et les mieux documentées de l'épidémiologie nutritionnelle et comportementale :
La Nurses' Health Study (NHS), 70 725 infirmières américaines suivies de 1986 à 2018.
Health Professionals Follow-Up Study (HPFS), 40 742 hommes professionnels de santé suivis de 1986 à 2020.
Tous les participants étaient indemnes, à l'inclusion, de cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires et neurologiques. Ils renseignaient leurs habitudes d'activité physique tous les deux ans : type d'activité, durée, fréquence. La NHS couvrait jusqu'à 11 activités distinctes, la HPFS jusqu'à 13.
L'unité utilisée est le MET-heure par semaine. Le MET (Metabolic Equivalent of Task) compare la dépense énergétique d'une activité à celle au repos. Marcher d'un pas vif vaut environ 3,5 à 4,5 METs, soit environ quatre fois la dépense au repos. La méthode permet de standardiser des activités très différentes sur une même échelle énergétique.
Quantité vs variété : deux signaux distincts
Les chercheurs ont d'abord mesuré l'association entre quantité totale d'activité et mortalité. Sans surprise, la relation est nette : plus on bouge, moins on meurt prématurément. Mais le hazard ratio (HR) ne décroît pas linéairement, il chute rapidement aux premiers paliers d'activité, puis se stabilise. Au-delà d'un certain seuil, l'effet additionnel devient marginal.
Le résultat le plus original de l'étude concerne la variété. Les chercheurs ont construit un score simple : combien d'activités différentes une personne pratique régulièrement. Puis ils ont divisé les participants en cinq groupes selon ce score.
Les sujets du quintile le plus diversifié présentaient un HR de 0,81 pour la mortalité toutes causes (soit 19 % de risque en moins) par rapport au quintile le moins diversifié, après ajustement pour le volume total d'activité. La variété est donc un prédicteur indépendant. Pour la mortalité spécifique : 13 à 41 % de risque en moins selon les causes (cardiovasculaire, cancer, respiratoire, autres).
Activité par activité
Les hazard ratios (HR) ajustés, comparant le groupe le plus actif au groupe le moins actif pour chaque activité, sont les suivants :
Marche : HR 0,83 (IC 95 % : 0,80–0,85), l'association la plus forte, l'activité la plus accessible.
Tennis/squash/racquetball : HR 0,85 (0,80–0,89).
Aviron/calisthénie : HR 0,86 (0,84–0,89).
Musculation : HR 0,87 (0,82–0,91).
Course : HR 0,87 (0,80–0,93).
Jogging : HR 0,89 (0,85–0,94).
Montée d'escaliers : HR 0,90 (0,87–0,93).
Vélo : HR 0,96 (0,93–0,99), association statistiquement significative mais modeste.
Natation : HR 1,01 (0,97–1,05), aucune association significative détectée.
Le résultat sur la natation est notable. Plusieurs hypothèses existent dans la littérature, mais cette étude ne tranche pas. Les auteurs notent que la natation est moins fréquemment pratiquée dans les cohortes étudiées, ce qui réduit la puissance statistique. La conclusion prudente : on ne peut pas affirmer un bénéfice protecteur fort sur la mortalité, mais on ne peut pas non plus l'exclure.
Pourquoi varier ?
Anna Whittaker, professeure de médecine comportementale à l'Université de Stirling (non impliquée dans l'étude), a réagi auprès du Science Media Centre : « Cela tient probablement au fait que les différents types d'activité ont des effets physiologiques distincts, et qu'ensemble ils couvrent l'ensemble des recommandations actuelles : intensité modérée, exercice de résistance, intensité vigoureuse, travail de souplesse, activités de récupération. »
Autrement dit : marcher entretient le système cardiovasculaire, mais ne renforce pas la masse musculaire. La musculation préserve la densité osseuse, mais ne sollicite pas le système aérobie. Le tennis ajoute coordination et explosivité. Empiler les types d'activité, c'est cocher plus de cases physiologiques.
🔍 Points clés
→2 cohortes × 30 ans × 2,4 millions de personnes-années = base statistique très solide.
→Variété et quantité sont deux prédicteurs indépendants de mortalité.
→Relations dose-réponse non linéaires : effet plafond probable autour des doses recommandées (7,5–15 MET-h/semaine).
→Étude observationnelle, activité auto-rapportée, biais probables, mais cohérents avec une littérature large.
✦ Pour conclure
Les recommandations classiques disent combien. Cette étude ajoute le quoi.
Les guidelines internationales (OMS, CDC) recommandent depuis longtemps 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine. Cette étude ne remet pas ces recommandations en cause, elle leur ajoute une couche stratégique. À temps total constant, mieux vaut répartir entre plusieurs types d'activité que concentrer sur un seul. Pour la majorité des gens, ça veut dire combiner marche quotidienne, un peu de musculation, et une activité plus dynamique (tennis, course, ou montée d'escaliers). C'est moins une révolution qu'un raffinement, mais un raffinement actionnable, gratuit, et qui demande zéro équipement supplémentaire.
Han H, Hu J, Lee DH et al. (BMJ Medicine, 2026 ; DOI : 10.1136/bmjmed-2025-001513) examinent les associations entre engagement à long terme dans des activités physiques individuelles et la diversité de pratique avec la mortalité, à partir de la Nurses' Health Study (1986–2018, n = 70 725 femmes) et de la Health Professionals Follow-Up Study (1986–2020, n = 40 742 hommes). Sur 2 431 318 personnes-années de suivi, 38 847 décès sont survenus (9 901 cardiovasculaires, 10 719 par cancer, 3 159 respiratoires). Les hazard ratios ajustés montrent une association inverse non linéaire entre activités individuelles et mortalité toutes causes (à l'exception de la natation : HR 1,01 ; IC 95 % 0,97–1,05). Un score de variété d'activité, indépendant du volume total, prédit une mortalité réduite de 19 % (quintile le plus diversifié vs le moins). Une correction éditoriale a été publiée le 9 avril 2026 (BMJ Med 5(1):e001513corr1).
Méthodologie : modèles de Cox stratifiés et score de variété
Les auteurs utilisent des modèles de Cox à risques proportionnels avec l'âge comme échelle temporelle, stratifiés par cohorte et année calendaire. L'activité physique est exprimée en MET-heures/semaine, calculée par produit de la durée auto-rapportée et de la valeur MET attribuée à chaque activité. Les variables sont ré-évaluées tous les 2 ans, permettant un suivi dynamique.
Le score de variété est construit comme un compteur simple du nombre d'activités distinctes pratiquées au-dessus d'un seuil minimal d'engagement. Les participants sont ensuite répartis en quintiles. L'analyse principale ajuste pour : âge, IMC, tabac, alcool, qualité du régime (AHEI), antécédents familiaux, statut ménopausique (NHS), traitement hormonal, et, point clé, le volume total d'activité. C'est cet ajustement qui permet d'isoler l'effet propre de la diversité.
Les niveaux d'activité totale et le score de variété sont catégorisés en quintiles. Pour la marche et la montée d'escaliers : quartiles. Pour les autres activités, en raison de distributions fortement asymétriques vers zéro, les non-pratiquants servent de catégorie de référence et les pratiquants sont divisés en tertiles.
Résultats détaillés
Les hazard ratios regroupés (NHS+HPFS) pour la mortalité toutes causes, plus haute catégorie vs plus basse :
La variété, après ajustement complet incluant le volume total : HR 0,81 (≈19 % de risque en moins) pour la mortalité toutes causes. Mortalités spécifiques : 13–41 % de risque en moins selon les causes (cardiovasculaire, cancer, respiratoire, autres).
Les relations dose-réponse modélisées (splines cubiques restreintes) sont non linéaires pour la quasi-totalité des activités, avec un point d'inflexion autour de 7,5–15 MET-h/semaine, cohérent avec les seuils de la littérature (Arem et al., JAMA Intern Med, 2015) suggérant un plateau au-delà des recommandations OMS.
Forces et limites
Forces. Taille d'échantillon (111 467 participants), durée de suivi (~30 ans), évaluation répétée des expositions tous les 2 ans (limite la mauvaise classification), ajustement extensif sur les confondeurs comportementaux et cliniques connus, deux populations indépendantes (femmes/hommes) avec résultats convergents.
Limites principales.
Activité auto-rapportée, non mesurée par accéléromètre. Comme l'a noté Tom Yates (Université de Leicester) au Science Media Centre, ceci tend à sous-estimer les associations vraies. Les études utilisant des mesures objectives de l'activité totale suggèrent que le risque de mortalité toutes causes est divisé par deux entre populations actives et inactives, bien plus que les chiffres du papier ne le suggèrent.
Population homogène : professionnels de santé américains, majoritairement blancs, niveau socio-économique élevé. Généralisation aux autres populations à valider, bien que les associations entre activité physique et mortalité soient remarquablement constantes à travers les cohortes (cf. Patel et al., JAMA Netw Open, 2022 sur 272 550 adultes plus âgés).
Confondeurs résiduels : malgré l'ajustement, les pratiquants d'activités diversifiées peuvent différer sur des dimensions non mesurées (revenu disponible, accès aux installations, motivation intrinsèque, soutien social). La variété pourrait être un marqueur de bien-être global plutôt qu'un facteur causal direct.
Causalité inverse : les premiers décès dans les cohortes peuvent être précédés d'une réduction d'activité due à des conditions préclinique. Les auteurs effectuent des analyses de sensibilité excluant les premières années de suivi, sans changement majeur de leurs estimations.
Cas particulier de la natation : prévalence basse (12 % des participants) limitant la puissance statistique. À ne pas interpréter comme une absence de bénéfice.
Note technique. Une correction éditoriale (BMJ Med 5(1):e001513corr1, 9 avril 2026) a été publiée, il convient de consulter la version corrigée pour citer les estimations finales.
🔬 Pertinence en santé publique
→Les recommandations actuelles (OMS 2020) cadrent essentiellement la quantité (150–300 min/sem modéré ou 75–150 min/sem vigoureux). L'ajout d'un objectif de diversité aux guidelines pourrait être considéré.
→Implication clinique : conseiller aux patients déjà actifs mais focalisés sur une seule modalité d'élargir leur palette avant d'augmenter le volume.
→Le plateau dose-réponse remet en cause le narratif « toujours plus » et soutient une approche satisficing de l'activité physique.
→Confirmation à attendre via cohortes utilisant des mesures objectives (UK Biobank avec accéléromètres, NHANES).
✦ Pour conclure
Une question résiduelle pour le terrain : la variété est-elle causale ou simple marqueur ?
L'étude de Han et al. apporte un signal robuste, mais ne tranche pas définitivement la question mécanistique. La diversité d'activité capture-t-elle une couverture physiologique plus complète (cardiovasculaire + métabolique + musculo-squelettique + neurocognitive), auquel cas la variété est causale ? Ou bien la variété est-elle un proxy de comportements sains plus globaux (curiosité, opportunités sociales, ressources économiques) qui co-déterminent la longévité, auquel cas augmenter artificiellement la variété sans modifier ces déterminants n'aurait que peu d'effet ? La réponse a des implications cliniques et politiques différentes. Des essais randomisés sont peu réalistes à 30 ans, mais des études d'analyse causale (instrumentation génétique via la randomisation mendélienne sur des proxies de variété d'exercice) pourraient préciser le mécanisme. En attendant, la traduction pratique est sûre : à temps égal, varier coûte zéro et n'a aucun risque démontré.
Source primaire
Han H, Hu J, Lee DH, Zhang Y, Giovannucci E, Stampfer MJ, Hu FB, Hu Y, Sun Q. Physical activity types, variety, and mortality: results from two prospective cohort studies. BMJ Medicine. 2026 Jan 20;5(1):e001513. doi:10.1136/bmjmed-2025-001513. Open access · CC BY-NC 4.0. Correction publiée le 9 avril 2026.
Références clés
[1]Communiqué Harvard T.H. Chan School of Public Health. Exercise variety,not just amount,linked to lower risk of premature mortality. 21 janvier 2026. hsph.harvard.edu ↗
[2]Communiqué BMJ Group. Mix of different types of physical activity may be best for longer life. 21 janvier 2026. bmjgroup.com ↗, Avec chiffres détaillés activité par activité.
[3]Réactions d'experts (Pr. Anna Whittaker, Pr. Tom Yates). Science Media Centre, 20 janvier 2026. sciencemediacentre.org ↗
[4]Patel AV et al. Association of Leisure Time Physical Activity Types and Risks of All-Cause, Cardiovascular, and Cancer Mortality Among Older Adults. JAMA Network Open. 2022. PMC9403775 ↗, Étude complémentaire sur 272 550 adultes plus âgés.
Questions fréquentes
Combien d'activités physiques différentes faut-il pratiquer pour bénéficier de l'effet « variété » ?
L'étude n'établit pas un seuil exact, mais les participants du quintile le plus diversifié pratiquaient régulièrement plusieurs types d'activités au-dessus d'un seuil minimal d'engagement. La Nurses' Health Study couvrait jusqu'à 11 activités, la Health Professionals Follow-Up Study jusqu'à 13. Une lecture pragmatique : combiner trois ou quatre catégories différentes (par exemple marche quotidienne + musculation + un sport collectif ou de raquette) place déjà bien au-dessus de la moyenne.
Pourquoi la natation ne montre-t-elle aucun bénéfice clair ?
L'étude rapporte un hazard ratio de 1,01 (IC 95 % : 0,97–1,05) pour la natation, soit aucune association statistiquement significative avec une mortalité plus faible. Les auteurs ne tranchent pas définitivement, mais notent que la natation était nettement moins fréquente dans les cohortes étudiées que la marche ou la course, ce qui réduit la puissance statistique. D'autres travaux ont rapporté des bénéfices de la natation. Il serait erroné d'en conclure que la natation ne sert à rien, la conclusion prudente est que ce dataset particulier ne permet pas d'objectiver un signal fort.
Si je marche déjà beaucoup, est-il vraiment utile d'en faire plus ?
L'étude met en évidence une relation dose-réponse non linéaire : l'essentiel du bénéfice apparaît dans les premiers niveaux d'engagement, puis l'effet additionnel diminue. Pour beaucoup d'activités, doubler le volume au-dessus du palier des recommandations actuelles (environ 7,5–15 MET-heures par semaine) n'apporte qu'un gain marginal. La conclusion pratique : si vous êtes déjà à un volume confortable, ajouter un autre type d'activité (musculation, vélo, sport de raquette) sera probablement plus utile que d'augmenter encore le temps de marche.
L'étude prouve-t-elle que la variété cause une vie plus longue ?
Non. C'est une étude observationnelle prospective : elle établit une association robuste entre variété d'activité et mortalité plus faible, après ajustement pour le volume total et de nombreux confondeurs (âge, IMC, alimentation, tabac, etc.). Mais l'association n'est pas la causalité. Il reste possible que la variété soit un marqueur de comportements sains plus globaux (curiosité, ressources, soutien social) plutôt qu'un facteur causal direct. Démontrer une causalité demanderait des essais randomisés sur des décennies, peu réalistes en pratique.
L'activité physique a-t-elle été mesurée objectivement (montre, accéléromètre) ?
Non. L'activité physique a été auto-rapportée par questionnaire tous les deux ans. Comme le souligne le Pr. Tom Yates (Université de Leicester), l'auto-déclaration tend à introduire des biais qui sous-estiment les associations vraies. Des études utilisant des accéléromètres (UK Biobank, NHANES) suggèrent que le risque de décès toutes causes peut être divisé par deux entre populations très actives et très inactives, bien plus que les chiffres rapportés ici. Le sens de l'effet va dans la même direction, son amplitude est probablement sous-estimée.
Cette étude remplace-t-elle les recommandations officielles (OMS, INSERM) sur l'activité physique ?
Non, elle les complète. Les recommandations actuelles de l'OMS (150–300 min/sem d'activité modérée ou 75–150 min/sem vigoureuse, plus deux séances de renforcement musculaire) restent valides et fondées. Cette étude ajoute une dimension qui n'apparaît pas explicitement dans ces guidelines : à temps total constant, la diversité des activités semble apporter un bénéfice supplémentaire. C'est un raffinement, pas un remplacement.